
L’Opéra Underground et Superspectives reprennent le même soir deux créations présentées en janvier 2026 dans le cadre de leur semaine commune “Brut de douceur” : Empreintes, parcours musical et poétique évoquant la trame d’une vie éduquée par la musique ; et un hommage-patchwork sensible à l’écrivain Georges Perros, figure majeure mais si atypique de la littérature française.
Dans Empreintes, Richard Robert, alternant textes de sa composition et reprises tirées de son panthéon personnel (John Barry, The Cure, Buarque et Veloso, Leonard Cohen, Bertrand Belin, la chanson napolitaine…), partage les réflexions d’une existence qui s’est attachée à comprendre sa présence au monde à travers la musique. Accompagné de complices, il déplie ainsi par tableaux une carte du Tendre dans laquelle “chaque trace est toujours plus forte et plus durable que le corps et l’esprit de ceux qui la laissent”, et esquisse un traité de savoir-écouter, chanter, vivre, survivre – et peut-être même, aussi, mourir.
Après St Kilda, les îles du silence et Soyez sympas, imaginez, les bricoleurs associés de l’Opéra Underground et de Superspectives rendent hommage à une des plus singulières figures de la littérature française : Georges Perros (1923-1978), parigot de naissance qui passa l’essentiel de son existence en exil volontaire à Douarnenez. Perros n’eut jamais pour ambition de faire littérature, mais il fit bien mieux : par son écriture éparpillée en carnets, feuilles volantes, correspondances, il s’attacha à consigner ce qui fait le coeur et l’os mêmes du vécu, loin des salons, écoles et courants. Prenant en notes, pensées, poèmes ou aphorismes ce qui lui passait “par le corps”, il a fait de son oeuvre fragmentée un grand poème, essentiel et mouvant, solitaire et pourtant universel, dont le chant vibre notamment dans les trois volumes de ses Papiers collés. S’inspirant de la démarche même de Perros, Olivier Longre, François Mardirossian, Camille Rhonat et Richard Robert ont rassemblé papiers, notes, textes, sons, chansons, images et sensations, convoqué Prévert, Mozart ou Schumann : tout le disparate de leur admiration à l’égard d’un homme pour qui les mots “écrire” et “être” recouvraient une seule et même réalité, une même douceur d’âme allergique à toute forme de compromission.
Empreintes : Richard Robert – chant, récit, guitare, Claire Vailler – chant, guitare, clavier, harmonium, Marguerite Martin – violoncelle, chant, François Mardirossian – piano, carillon, chant, Camille Rhonat – synthé basse, clavier, sons, chant, Olivier Longre – mandoline, clarinette, harmonica, percussions, chant.
Georges Perros, quelques notes en passant : Olivier Longre – lectures, guitare, mandoline, percussions, François Mardirossian – lectures, piano, chant Camille Rhonat – trames et paysages sonores, Richard Robert – récit et lectures, chant, guitare.
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