Sahar Mohammadi

Amphi

Iran

À propos

Sahar Mohammadi, chant
le 7 : Farnaz  Modaresifar,  santour
le 8 : Milad Mohammadi, târ
Mehdi Teimouri, ney
Hossein Rezaeenia, daf
 

Un concert sous le signe de la jeunesse et de la liberté, voilà qui confirme que la musique classique iranienne a un bel avenir devant elle. En témoigne la vitalité de ces quatre musiciens animés par le désir de faire évoluer leur répertoire.
Tous quatre partagent une même conception musicale : la nécessité de maîtriser les techniques instrumentales et vocales avant d’oser faire bouger les lignes de la tradition. Aussi voient-ils avec bonheur l'ouverture à Téhéran, il y a une dizaine d'années, d'un cursus universitaire spécifique permettant à certains étudiants, reçus sur concours, de participer à cette évolution. Laisser une plus large place à l'improvisation, sans pour autant faire abstraction des bases classiques, rencontrer des musiciens d'autres horizons et se confronter à d'autres styles, tout aiguise leur envie de tenter l'aventure de nouveaux arrangements et de compositions libérées des carcans d'une tradition ancestrale. Tous se réjouissent du foisonnement des classes musicales qui fleurissent actuellement en Iran et constituent une pépinière de jeunes artistes dont certains seront les maîtres de demain.
Nul doute que la jeune Sahar Mohammadi sera de ceux-ci. Après avoir étudié le târ et le setâr, elle opte pour le chant, où elle excelle. On peut prédire un bel avenir à cette graine de star qui parfait encore ses études dans tous les domaines artistiques à l'université de Téhéran. A 28 ans, elle fait preuve d'une exceptionnelle maturité. Sur scène, rien ne semble ébranler son assurance. Sa  fraîcheur, son humilité, la puissance de sa voix et le velouté de son timbre font merveille. 

Réunis pour la première fois avec elle sur une même scène, ses trois accompagnateurs ont eux aussi gravi à Téhéran les échelons de l'université avant de devenir de brillants professionnels. Milad Mohammadi, étoile montante du târ, accompagne aujourd'hui les plus grandes voix de la musique persane : Salar Aghili, Homayoun Shadjarian, Mohammad Motamedi et Alireza Ghorbani. Il en va de même pour le joueur de daf, Hossein Rezaeenia, qui, en 2007, accompagnait déjà Shahram Nazeri au Théâtre de la Ville et pour Mehdi Teimouri qui a commencé l'étude du ney à 17 ans après avoir goûté au piano. Très vite, ce dernier  remporte tous les premiers prix des concours auxquels il participe et, lorsqu'il n'est pas sur scène, il enseigne à son tour à l'université. 
Quel programme ces quatre compagnons de route choisiront-ils pour leur première rencontre ? Comme le veut l'usage, ils en décideront au dernier moment, selon leur feeling. N’est-ce pas la meilleure façon d'entrer en symbiose avec le public pour un instant de rêve et de partage réciproque ?
Jacqueline Magnier