Terrone

Yuval Pick - Marco Merenda

Création de Yuval Pick, chorégraphe
Pour Marco Merenda, interprète du Ballet de l'Opéra de Lyon

Solo - création septembre 2020
Durée : 20 min

C'est à une expérience collective sur la mémoire qu'invite le Terrone de Yuval Pick. Lequel pose le postulat que la mémoire individuelle relève d'un fait social et la mémoire collective d'une part de subjectivité individuelle. Un balancier théorique que le chorégraphe, en convoquant la mémoire du danseur Marco Merenda (partie prenante de la création), mais aussi celle du public, matérialise sur scène. Le tout, dans un élan du corps porté par des airs et des danses traditionnelles du sud italien, où les émotions induites par la mémoire s'extériorisent par le geste.

  • © Charlène Bergeat
  • © Charlène Bergeat

Note d'intention
Yuval Pick, directeur du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape aborde l’importance de la mémoire collective et individuelle dans l’élaboration du geste dansé pour l’interprète : « boite à couture » des émotions, la mémoire s’envisage en effet tour à tour comme ressource ou contrainte à la composition du geste. À partir d’une mémoire autobiographique, celle de Marco Merenda, Yuval Pick excave des souvenirs du sud de l’Italie, découd les trames païennes du Carnevale di Tricarico, réactualise les rythmes de la pizzica et détermine comment le corps dansant extériorise et exprime des émotions emmagasinées par la mémoire.
Dès lors que l’individu fait partie d’un corps social, qu’il interagit avec un collectif, toujours présent, même invisible, la mémoire individuelle relève également d’un fait social ; il n’y a pas de mémoire possible en dehors des « cadres dont les hommes vivant en société se servent pour fixer et retrouver leurs souvenirs »*.
Si la mémoire trouve à s’exprimer dans des « cadres sociaux », les individus prennent toutefois une part active à la reconstruction de ces souvenirs ; elle s’envisage alors comme une construction sociale.
S’entremêlent ici non seulement les mémoires d’un interprète, du chorégraphe Yuval Pick, mais encore des spectateurs qui participent à une expérience collective dont les formes, les émotions se recomposent sur scène.
*HALBWACHS M., Les cadres sociaux de la mémoire, Paris, Albin Michel, 1994 (1925)

Chorégraphie et concept : Yuval Pick
Collaboration et interprétation : Marco Merenda
Assistante chorégraphique : Sharon Eskenazi
Transmission de Pizzica : Andrea De Siena — Scuola di Pizzica di San Vito
Son : Jean-Pierre Barbier, Ballet de l’Opéra de Lyon
Musique : Ma rendi pur contento Vincenzo Bellini interprété par Luciano Pavarotti /
James Levine (Album : Pavarotti & Levine in Recital – 1988) | Ma rendi pur contento
Vincenzo Bellini interprété par Cecilia Bartoli / Jean-Yves Thibaudet (Album : Cecilia Bartoli
Live in Italy – 1998) | Pizzica di San Vito I Trillanti (Album : Vènto Aquilònê – 2018) |
Pizzica di Santu Vitu Skaddìa, Maria Mazzotta (Album : M’agghjë scurdatë – 2012) |
Pizzica di San Vito Ambrogio Sparagna & Orchestra | Popolare Italiana dell’Auditorium
Parco della Musica (Album : Taranta d’amore – 2009)
Lumières : Yohann Ambert-Fourcade, Ballet de l’Opéra de Lyon
Accessoires, costumes : Les équipes du Ballet de l’Opéra de Lyon