L'Empereur d'Atlantis

Opéra

Festival pour l'humanité - Viktor Ullmann

  • Théâtre National Populaire, Villeurbanne

L’Empereur d’Atlantis
Der Kaiser von Atlantis oder die Todverweigerung
(L’Empereur d’Atlantis ou le Refus de la Mort)
Viktor Ullmann
Pièce en un acte, 1975
Livret de Pietr Kien

En allemand

Production Opéra de Lyon
Coréalisation Comédie de Valence, Centre dramatique national Drôme-Ardèche
En partenariat avec le Théâtre National Populaire

À propos

L’histoire
« Attention, attention ! Vous allez entendre L’Empereur d’Atlantis, une sorte d’opéra en 4 tableaux. Avec : l’empereur Overall d’Atlantis en personne, qu’on n’a pas vu depuis des années car il s’est enfermé dans son palais gigantesque, tout seul, afin de mieux gouverner. Le Tambour, un phénomène pas tout à fait réel, comme la radio. Le Haut-Parleur qu’on ne voit pas, qu’on entend seulement. Un soldat et une fille. La Mort, comme un soldat démobilisé, et la Vie, Arlequin, qui sait rire sous ses larmes. Le premier tableau se passe n’importe où. La Mort et Arlequin sont assis à l’écart, la vie qui ne sait plus rire et la Mort qui ne sait plus pleurer, dans un monde qui a désappris à jouir de la vie et à mourir de sa mort. La Mort, offensée et blessée par l’engrenage fou du monde décide que dorénavant, elle ne fera plus mourir personne. Attention, attention ! Nous commençons ! » Prologue de L’Empereur d’Atlantis

L’abdication de la Mort
C’est en 1942, que Viktor Ullmann est envoyé au camp de Terezín. Theresienstadt, en allemand, est un camp de transit regroupant un nombre important d’intellectuels et de musiciens. La musique, d’abord tolérée, y est ensuite encouragée : elle devient un moyen de manipulation des déportés et instrument de propagande pour l’extérieur.
Ainsi, des orchestres jouent, des compositeurs créent des « musiques d’un autre monde » avant les départs ultimes vers les camps d’extermination. Ullmann meurt à Auschwitz le 18 octobre 1944.
Provocation suprême, c’est le principe même du totalitarisme que le compositeur et son librettiste Pietr Kien entendent traiter dans leur opéra, L’Empereur d’Atlantis ou le refus de la Mort. Un empereur dément décrète la guerre ultime, celle qui achèvera de décimer son peuple mais la Mort refuse de collaborer à ce projet. Les soldats s’affrontent en vain et redécouvrent l’amour ; un peuple de morts-vivants commence à se relever. 
Le principe même de la vie renaît mais peut-on vivre dans un monde où l’on ne peut mourir ? L’Empereur finit par s’offrir en victime à la Mort afin qu’elle accepte de se remettre à l’ouvrage. La partition oscille entre musique savante et musique populaire (à la Kurt Weill), intègre citations et références, en alternant moments joyeux et accents poignants. On est rarement allé aussi loin dans la dérision et dans la conscience de l’horreur vécue et immédiate. « Je ne vais pas ignorer le contexte mais je ne voudrais à aucun moment avoir la prétention de représenter l’irreprésentable. Ce serait impossible et indécent. Par contre, je veux faire entendre la musique qui vient de ces ténèbres-là. Les deux références qui ont guidé notre travail sont Le Dictateur de Chaplin et Docteur Folamour de Kubrick. Il y a nécessairement une dimension grotesque dans l’œuvre d’Ullmann. L’Empereur, c’est un personnage qui s’est enfermé dans son bunker et joue à la guerre, avec des éléments signifiants comme le tambour ou le haut-parleur. C’est une figure de la sauvagerie de bureau. Il invente la solution finale, mais n’y met pas les mains. À aucun moment il n’est confronté à la mort, si ce n’est lorsque la mort elle-même devient son adversaire. » Richard Brunel.

Distribution

Direction musicale

Vincent Renaud

Mise en scène

Richard Brunel

Dramaturgie

Catherine Ailloud-Nicolas

Décors

Marc Lainé

Costumes

Claire Risterucci

Lumières

Christian Pinaud

La Mort

Piotr Micinski

L'Empereur

Samuel Hasselhorn

Le Haut-parleur

Alexander Kiechle

Le Tambour

Judith Beifuss

Un soldat / Arlequin

Mikkel Skorpen

La Fille coiffée à la garçonne / Un soldat

Andromahi Raptis

Chanteurs du Studio de l'Opéra de lyon

Orchestre de l'Opéra de Lyon