Tango

Amphi

Les Hommes de Piaf

À propos

William Sabatier, bandonéon

QUATUOR  TERPSYCORDES 
Girolamo Bottiglieri, premier violon
Raya Raytcheva, second violon
Caroline Cohen-Adad, alto
François Grin, violoncelle

Sans cesser de fréquenter Anibal Troilo, le bandonéoniste William Sabatier s’invite en ce moment chez Édith Piaf. Tout artiste vrai est prédisposé à établir des connivences. Inspectant en douce ce qui a « travaillé » William Sabatier, on observe aussitôt que « El pichuco de Buenos Aires » et « Le moineau de Ménilmontant » parlent depuis l’éternité, chacun depuis sa rive, avec les mots du destin.
On peut alors, sur cette base, aménager des correspondances. Le tango est l’amour qui éprouve de la peine à se donner, le bandonéon la fontaine miraculeuse de ses plaintes. Dans la chanson du Paris populaire, celui des frêles couturières enamourées et des forts en gueule chagrinés, l’instrument foncièrement migrateur peut élire naturellement domicile. William Sabatier ne pouvait donc perdre pied en transférant son art de « tanguero ». 
Toutefois, il est une raison supplémentaire. Un être de chair vive consent à ne pas s’oublier de sa propre mémoire. Le travail qui nous parvient provient aussi d’une dilatation de l’assise populaire d’un interprète également arrangeur. Il a vu naître et grandir une contrée où la sève des « baluches » coulait le long des affichettes aux portes des épiceries à clochettes. On y lisait le nom de son père. Infiltrée sans crier gare via les radios des cuisines ouvertes sur les rues, la sève mélodique du « Non, rien de rien, non je ne regrette rien » a gravé en lui une empreinte indélébile. Voilà pourquoi avance vers nous, en amie retrouvée dans sa nouvelle robe noire, une Piaf « tanguera ». Llibert Tarragó