Curlew River

Opéra

Benjamin Britten

En anglais

À propos

Festival Britten

Parabole d’église, 1964

Livret de William Plomer, d’après la pièce médiévale de théâtre nô japonais Sumidagawa de Juro Motomasa
Production Edinburgh International Festival, réalisé par l'Opéra de Lyon.

Enregistré par France Musique

L'HISTOIRE
La Rivière aux courlis : c’est la frontière et le point de passage entre le Royaume de l’Est et le Royaume de l’Ouest, on la franchit sur la barque du Passeur. Ce jour-là, des pèlerins prêts à passer sur l’autre rive entendent un chant étrange et plaintif, celui d’une Folle ; elle leur raconte son errance à la recherche de son fils disparu. Le Passeur se rappelle qu’un an auparavant, il a fait passer un étranger, accompagné d’un enfant à l’agonie. De l’autre côté de la rivière, l’homme abandonna l’enfant qu’il avait enlevé. Le garçon mourut en murmurant une prière. Sur sa tombe, une vérité s’est fait jour : les miracles se sont multipliés… Au récit du passeur, la Folle – pleine de larmes – comprend que c’est son fils qui repose là. Les voyageurs prient sur la tombe de l’enfant qui leur apparaît : il chante et guérit sa mère avant de s’effacer.

Renouveler l’art lyrique ou le laisser mourir : tel était le divorce qui agitait le monde musical dans les années soixante. Une époque charnière dans l’histoire de l’opéra, tant au niveau du langage musical que des pratiques scéniques. Comme peu de compositeurs à cette époque, Britten choisit la voie du salut, considérant cet art comme le plus accompli des modes d’expression musicale. Dénigré par l’avant-garde, il affirmait cependant avec Curlew River (1964) toute la modernité de son approche scénique. L’oeuvre est directement inspirée des spectacles de Nô qui avaient fasciné Britten lors d’un voyage en Orient en 1956. Mais comment recréer sur la scène lyrique toute l’intensité musicale et dramatique d’un tel spectacle ? La forme opératique occidentale, jouée dans les maisons d’opéra, était-elle adaptée ? Sans renoncer à la forme lyrique, Britten créa avec Curlew River, première des trois « paraboles d’église », un spectacle épuré d’une grande originalité. Quelques accessoires seulement pour figurer le décor – un banc, une corde – un plateau nu en bois, un groupe restreint d’instrumentistes présents sur scène, trois personnages principaux – La Folle, Le Voyageur et le Passeur – suffisent pour transposer le Nô Sumidagawa dans le cadre chrétien. L’oeuvre était conçue pour le cadre particulier de l’église d’Orford, tant au niveau de l’acoustique que des déplacements et dispositifs scéniques, afin de retrouver une communion et un rapport au sacré qu’avait perdus le grand opéra. Si certains motifs mélodiques ou recherches sonores sont inspirés de l’Orient, Britten ne modifia pas son langage musical pour autant. Il revendiquait ainsi la possibilité de composer dans les années soixante en dehors de toute école et loin du sérialisme. Une vérité qui en dérangea plus d’un à l’époque parmi ses homologues musiciens et qui lui valut d’être mis au ban d’une certaine modernité. Boulez pourtant, en 1966, rêvait d’un opéra inspiré du Nô. Britten l’avait fait, sans tapage ni tonitruance.

Distribution

Direction musicale

Alan Woodbridge

Mise en scène et lumières

Olivier Py

Décors et costumes

Pierre-André Weitz

Le Passeur

William Dazeley

La Folle

Michael Slattery

Le Voyageur

Ivan Ludlow

L'Abbé

Lukas Jakobski

Musique

Orchestre, Chœurs et Maîtrise de l'Opéra de Lyon