Italie

Amphi

À propos

Musiques de Sardaigne, de Sicile et de Calabre
Luigi Lai et Fabio Vargiolu : launeddas (clarinettes triples)
Domenico Morello : zampogne (cornemuses), guimbarde et flûtes

Véritables "cornemuses humaines", faites de trois clarinettes de roseau où la bouche joue le rôle de sac à air par la technique de la respiration circulaire, les launeddas sont l’un des emblèmes de la Sardaigne. Malgré la simplicité de leur facture, elles s’expriment à travers un langage fort savant : l’art de la variation et du contrepoint atteignent ici des sommets d’invention et de mémoire en un univers musical uniquement oral pourtant. Luigi Lai en est l’un des maîtres les plus accomplis. D’une fascinante habileté, virtuose ayant conquis les plus prestigieuses scènes internationales, il est aussi un artisan et un poète des sons.
Ce programme offrira également l’occasion de découvrir en un même concert, l’autre versant de la grande tradition italienne des cornemuses, celui de la Sicile et de la Calabre, avec Domenico Morello, jeune sonneur de zampogna. Munis d’un réservoir à air, contrairement aux launedass, ces instruments comptent parmi les plus imposantes cornemuses du monde et leur tradition, sans doute par leur richesse sonore, demeure aujourd’hui encore extrêmement vivace. Multi-instrumentiste, Domenico Morello interprètera, en outre, quelques pièces rares pour guimbarde et flûte double extraites du répertoire pastoral.

  

Musiques et chants des "Quatre Provinces" (Italie du Nord)
Stefano Valla : piffero (hautbois)
Daniele Scurati : fisarmonica (accordéon chromatique)
 

Le piffero des Quatre Provinces  (Pavie, Alexandrie, Gêne, Plaisance) est un hautbois populaire qui demeure aujourd’hui encore, grâce à l’ardeur et au talent de Stefano Valla et Daniele Scurati, l’un des principaux témoins des fêtes rurales, carnavals et balli. Autrefois intimement lié à la cornemuse (musa), il s’est depuis le début du XXe siècle associé à l’accordéon (fisarmonica) pour former  un couple particulièrement harmonieux qui est aussi le reflet des changements de modes et de goûts qui marquent au cours de son histoire toute tradition. 

 

Stefano et Daniele sont non seulement de brillants interprètes mais aussi d’inventifs compositeurs : alessandrina, piana, valses, mazurkas, polkas, chansons des Apennins dansent, chantent et se renouvellent sans cesse sous leurs doigts et à travers leurs voix. Tous leurs auditeurs, rassemblés autour d’eux, semblent soudain connaître le pas juste, les bonnes figures ; les anciens entraînent les plus jeunes et la ronde file avec joie. Parfois encore, au détour d’une plus discrète mélodie, affleure le souvenir de l’exil, de ces émigrants partis du port de Gênes vers d’autres aventures. Le chant devient alors douloureux, les cabrioles se figent quelques instants avant que la danse ne lance de nouveau le rappel et nous anime …jusqu’au prochain bal.