Dixcover(s)

Amphi

À propos

Désarticuler un orchestre maintenant parvenu à maturité, quoi de mieux pour en révéler les secrets ? En parallèle de ses programmes en tutti, Daniel Yvinec a imaginé en 2011 le projet Dixcover(s) avec le désir de mettre toujours un peu plus en lumière les multiples talents de ses musiciens et leur créativité sans limites. Le défi consiste ici à leur proposer de revisiter en petit comité (du duo au quartet) une sélection d’œuvres mythiques pour les emmener vers d’autres ailleurs. Le choix s’est porté sur des oeuvres adaptées à leur profil, incontournables et intimidantes, les incitant à les relire entre les lignes en étant à la fois libres et respectueux du sujet original. Trois des petites formations spécialement créées pour ce projet se lancent, téméraires, dans la relecture à l’intégrale – et en suivant scrupuleusement leur narration – d’albums cultes de Prince, Duke Ellington et Pink Floyd. La quatrième explore et s’inspire de pièces de compositeurs aussi différents que Bach, Aphex Twin, Carla Bley et Ligeti. Les 10 musiciens offrent avec ces satellites ONJ leurs singulières versions de ces joyaux pour nous faire redécouvrir les univers d’artistes majeurs.

16h00 ANATOMY OF A MURDER - Duke Ellington
Rémi Dumoulin, saxophones, clarinettes
Sylvain Bardiau, trompette, trombone
Matthieu Metzger, saxophones, samples
Yoann Serra, batterie, glockenspiel, flûte

Trois soufflants et le batteur de l’ONJ s’attaquent à Anatomy of a Murder, magnifique bande originale que Duke Ellington composa pour le film éponyme d’Otto Preminger sorti sur les écrans en 1959. Passionnés par la musique de Duke, Rémi Dumoulin, Matthieu Metzger, Sylvain Bardiau et Yoann Serra relèvent le challenge absolu, celui de recréer les différentes couleurs de ce chef-d’œuvre d’orchestration – écrit pour grande formation – dans une formule à quatre. Après avoir retranscrit note pour note l’enregistrement original pour mieux se l’approprier, ce quartet acoustique lui redonne vie et dévoile sa richesse incroyable en sonnant comme un big band charnu, gorgé de swing et d’audace.

Arrangements : Rémi Dumoulin, Sylvain Bardiau, Matthieu Metzger

18h00 THE DARK SIDE OF THE MOON - Pink Floyd

Vincent Lafont, piano, claviers, électronique
Joce Mienniel, flûte, guitare, kalimba, électronique
Pierre Perchaud, guitare


Vincent Lafont, Joce Mienniel et Pierre Perchaud proposent une immersion sonique dans The Dark Side of the Moon, album futuriste et planant des Pink Floyd paru en 1973. Reprenant dans l’ordre la narration du disque sans interruption entre les morceaux, le trio convie à un voyage envoûtant jalonné d’improvisations et de sonorités étonnantes dans les dédales de cette œuvre intemporelle. Un mélange de fidélité et d’infinie liberté donne à cette version transfigurée de l’un des plus grands succès de l’histoire du rock le parfum de l’inattendu et nous fait naviguer sans cesse du familier à l’imprévisible dans une atmosphère intimiste.

Arrangements : Vincent Lafont & Joce Mienniel

20h00 GRAND BAZAR : Bach - Aphex Twin - Ligeti - Carla Bley
Eve Risser, piano, piano étendu, flûte préparée, claviers, flûte
Antonin-Tri Hoang, saxophone alto, clarinettes, orgue

Eve Risser et Antonin-Tri Hoang nous offrent, dans l’intimité de ce duo très personnel, une navigation libre entre les mondes de 4 compositeurs : la jazzwoman Carla Bley, le maître de l’électronique Aphex Twin, le contemporain iconoclaste György Ligeti et le génie du baroque Jean-Sébastien Bach. Entre relectures de pièces et compositions inspirées, ce Grand Bazar, à la mise en scène ponctuée de nombreuses surprises mécaniques et électriques, nous embarque dans une ballade poétique où les univers s’épousent avec une étonnante grâce, parfois avec humour. 


Arrangements / compositions : Eve Risser & Antonin-Tri Hoang

22h00 SIGN ‘O’ THE TIMES - Prince
Matthieu Metzger, saxophone baryton, farfisa, électronique
Sylvain Daniel, basse électrique, synthétiseurs
Arrangements Matthieu Metzger, Sylvain Daniel
Attention : OVNI ! En véritables homme-machines, Matthieu Metzger et Sylvain Daniel se livrent à une relecture particulièrement surprenante de Sign ‘O’ the Times, sublime album kaléidoscope de Prince qui marque en 1987 l’apogée des eighties. Les musiciens ont choisi d’explorer le côté sombre de l’artiste, la moiteur de ses textes, l’étrangeté de sa vision du monde à travers une orchestration décalée qui mêle groove, électro et slam. Un Sign ‘O’ the Times réinventé par un duo hypnotique entre Kraftwerk et James Brown, Berlin et Minneapolis.

 
PIAZZOLLA

Eve Risser, piano étendu, flûte alto
Vincent Lafont, Fender Rhodes, Wutlitzer, électronique
Antonin-Tri Hoang, saxophone alto, clarinette basse
Rémi Dumoulin, saxophone ténor, clarinettes
Matthieu Metzger, saxophones soprano, alto & baryton
Joce Mienniel, piccolo, flûte, flûtes basse & alto
Sylvain Bardiau, trompette, bugle, trombone
Pierre Perchaud, guitare
Sylvain Daniel, basse électrique
Yoann Serra, batterie

Le nouveau programme de l’ONJ nous emmène dans un voyage fascinant chez le maître du tango. C’est avec le brillant arrangeur américain Gil Goldstein – partenaire, entre autres, de Miles Davis, Gil Evans, Pat Metheny, Paul Simon ou encore Michael Brecker – que Daniel Yvinec a choisi de s’associer pour la conception de ce répertoire. Le travail d’arrangements s’intéresse autant aux mélodies et aux rythmes développés dans les compositions de Piazzolla, qu’à son jeu de bandonéon, composantes essentielles qui font la saveur si particulière de sa musique. Pour dresser ce portrait subjectif, vivant, libre et chatoyant, il fallait une véritable collaboration. Daniel Yvinec et Gil Goldstein ont travaillé ensemble à New York afin d’élaborer des scénarios pour chacun des titres abordés. Ils ont imaginé de croiser, à travers de fascinants effets de miroirs, différentes compositions de Piazzolla à l’intérieur d’une même pièce, mais aussi d’évoquer la présence d’autres artistes qui l’ont influencé. Les ombres de Carlos Gardel, Alberto Ginastera, Roberto Di Filippo, Gil Evans... se mêlent ainsi à son univers. Restait à trouver le moyen, sans avoir recours à l’instrument, de personnifier le bandonéon de Piazzolla, de faire entendre son phrasé sensuel et tumultueux. On peut gager que l’omniprésence d’un bandonéon “virtuel“ réparti entre les membres de l’orchestre n’échappera en rien aux oreilles de l’auditeur. On ira même jusqu’à voir l’ONJ se transformer en méta-bandonéon pour relire, tel un ensemble de chambre, une pièce pour bandonéon solo. On goûte, au fil de ce nouveau programme, aux morceaux emblématiques de Piazzolla (Libertango, Vuelvo al sur, Balada para un Loco, Oblivion...), balises familières qui autorisent une exploration en d’autres terres. Avec Piazzolla !, l’ONJ célèbre la musique du maître argentin dans sa diversité et nous en livre une relecture inédite pleine de surprises et d’audace, à l’image d’un orchestre toujours désireux d’offrir au public de nouveaux voyages.

Concert labellisé The Brain Festival, aide à la recherche sur les maladies neuro dégénératives