Double Jeu - Ballet de l'Opéra de Lyon

Danse

Christian Rizzo / Alain Buffard

À propos

Le Ballet de l’Opéra de Lyon termine souvent ses saisons sur des paris audacieux : tout en demeurant fidèle à ses auteurs de prédilection – de Maguy Marin à Trisha Brown, de William Forsythe à Jirí Kylián et Mats Ek – dont il s’emploie avec bonheur à approfondir la pratique, il cherche à élargir son répertoire et ne craint pas de s’aventurer dans des domaines plus expérimentaux : ainsi pour ce “Double Jeu“ avec Alain Buffard et Christian Rizzo.
Personnalités singulières du paysage de la danse contemporaine française, Alain Buffard et Christian Rizzo sont les “performers“ d’une danse qui s’inscrit dans une réflexion globale sur le spectacle, la scène ritualisant le corps et ses modes de socialisation. Plasticiens quelque peu “bricoleurs“, ils n’hésitent pas à affubler leurs danseurs de diverses “prothèses“, les transformant
en créatures mutantes. Mais si Christian Rizzo aime le masque et le travestissement, l’artifice et les métamorphoses, Alain Buffard leur préfère le dépouillement et le réalisme de la mise à nu. Dans ce jeu à l’érotisme distancié, le but semble le même : interroger le spectateur
et son regard sur l’autre, bousculer les certitudes, brouiller les sensations, et en définitive défier la mort qui agresse sans cesse vos vies. Inéluctablement.
Josseline Le Bourhis

Ni cap, ni grand canyon

Passé des Beaux-Arts au spectacle, Christian Rizzo agit en plasticien : c'est un performer, inventeur de formes insolites, fabricant de métamorphoses, concepteur d'objets et modeleur de corps: arts plastiques, vidéo, danse, musique, design et mode constituent les éléments de son champ d'expérimentations. Il aime partir de l'espace vide, que le geste vient découper, valorisant ce qui est en creux autant que le plein. Il cherche à étirer dans la durée, comme un temps suspendu, les changements infimes qui surviennent dans un déplacement. Des petits riens. En même temps, il déploie une floraison luxuriante d'images oniriques qu'il met en forme. Ces deux tendances, en apparence contradictoires, en font une sorte de “minimaliste baroque”.

Pièce pour 12 danseurs

Mauvais genre

Etudiant en 1978-1979 au Centre National de Danse Contemporaine d'Angers (alors dirigé par Alwin Nikolaïs), et après avoir dansé dans les compagnies de Daniel Larrieu, Régine Chopinot, Alain Buffard commence à montrer ses travauxchorégraphiques en 1988, mais il trouve sa vraie dimension provocatrice dix ans plus tard, avec Good Boy (un solo, où il aborde sans pudeur — mais non sans un certain humour — la maladie et l'hôpital, en se dépouillant d'une vingtaine de slips enfilés les uns sur les autres, perché sur de hauts talons confectionnés dans des boîtes et tubes de médicaments). Une vision reprise et démultipliée pour un groupe de danseurs dans Mauvais genre (2003).

Production : pi:es, en coproduction avec le Festival Montpellier Danse 2003,
Le Consortium Centre d’art contemporain — département nouvelles scènes, Dijon.

Dans le cadre du programme Initiative d'artistes en danse contemporaine — Fonds pour la danse de la Fondation France. Avec le d'Eminence.

 

Distribution

Musique

Didier Ambact

Ballet de l'Opéra de Lyon