Alex Ollé présente l'histoire du Soldat

Le diable m’a souvent accompagné le long de ma carrière. Au théâtre avec “Fausto 3.0” ; Au cinéma avec “Faust 5.0” ; À l'opéra avec “La Damnation de Faust” de Berlioz et le “Faust” de Gounod. Et l’année prochaine, avec, sur la même période, “Histoire du soldat” et “Méphistophélès” de Boito. Quand on travaille plusieurs fois sur un même sujet on reconnait, dans l’ensemble de la littérature et des légendes, son patron et ses ficelles dramaturgiques. Quand, dans une histoire, apparait le diable tel un personnage méphistophélique, le diable de la raison, tous les arguments se ressemblent. Le conflit aboutit inévitablement sur un contrat que la victime, cupide, n’aurait pas dû signer. Mais la bonne connaissance d’un personnage, qu’il soit saint ou diable, est souvent trompeuse. En tant que créateur, je dois toujours faire en sorte que chaque mise en scène, qu’elle soit nouvelle ou ancienne, me surprenne ; dans un premier temps en tant que spectateur puis, dans un second temps, en tant qu’artiste et metteur en scène. Cet imaginaire que je partage avec le public, tel un spectateur, permet d'établir un lien, une lecture du texte qui est à la fois personnelle et partagée. Avec “Histoire du soldat” et son diable, j’ai préféré laisser en arrière-plan les traits distinctifs du diable connus de tous, pour revisiter à nouveau la polémique du contrat Faustien. Je me dois, depuis le temps que je suis les traces de ce personnage si convaincant, de faire une recherche poussée, critique, profonde et exigeante.