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L'Enlèvement au Sérail

Opéra

L'Enlèvement au Sérail

W.A. Mozart

Du 22 juin au 15 juillet 2016

L’Enlèvement au sérail
Die Entführung aus dem Serail
Singspiel en trois actes, 1782
Wolfgang Amadeus Mozart
Livret de Johann Gottlieb Stephanie, d’après Bretzner

En allemand

Nouvelle production

L’histoire

Belmonte est venu dans un Orient indéterminé pour sauver Konstanze, sa fiancée enlevée par des pirates et détenue dans le sérail du pacha Selim. Celui-ci en a fait sa favorite, mais il la courtise en vain. Pedrillo, valet de Belmonte, et Blonde, suivante de Konstanze, sont également prisonniers. Le sérail est gardé par le féroce Osmin, épris de Blonde comme Selim l’est de Konstanze. Pedrillo va aider son maître à préparer un plan d’évasion, facilité par l’ivresse d’Osmin. L’enlèvement échoue et Selim découvre que Belmonte est le fils de son pire ennemi. Mais, décidé à briser la spirale de haine et de violence, le pacha rend la liberté aux deux couples.

Des lectures variées
Créé en 1782, L’Enlèvement au sérail est un ouvrage ambigu. Sur le papier, ce sinsgspiel, sorte d’opéra-comique allemand, narre l’histoire sympathique de jeunes amoureux éloignés qui récupèrent leur liberté à la cour d’un Sultan. Et on peut encore pousser la caricature en versant dans la turquerie très en vogue à l’époque dont l’odieux Osmin est le prototype parfait. Mais on peut aussi renverser l’image et découvrir la personnalité du bon barbare, très présente dans le théâtre de l’époque. Et l’humanisme du sultan nous emmène par moment bien loin des sauvages tortionnaires de l’ennemi ottoman pour se révéler un homme juste et sage. Projetons le raisonnement un peu plus loin et on débouche sur la théorie du despote éclairé dont l’Empereur Joseph II se veut lui-même l’archétype. Et voilà que nous avons parcouru un bien étrange voyage des racines de la comédie populaire au conte philosophique sans nous éloigner un seul instant des ressorts inhérents au livret de Stephanie.

Une composante amoureuse ?
Et encore devrions-nous ajouter un chapitre supplémentaire, celui du sentiment car le Mozart qui compose cet opéra est aussi cet amoureux transi qui tente de convoler en justes noces avec Constance, à travers le rejet de son père et les manipulations de sa belle-mère.  

L’indispensable réconciliation
L’ensemble de ces angles de lecture permet donc toutes les pertinences, ce qui n’est pas évident au regard d’une actualité qui fait que cet éternel faux divertissement ne cesse de poser des problèmes de société. L’œuvre demeure par-dessus tout un superbe exemple de tolérance. 
Gageons que ce fin connaisseur de la tragédie grecque qu’est Wajdi Mouawad saura trouver l’angle de lecture. Ses mises en scènes laissent rarement indifférent : « On ne va pas impunément, l’air de rien, voir un spectacle de Wajdi Mouawad : on en ressort généralement les yeux mouillés et avec une féroce envie de parler de tout, de rien, du sentiment de la vie, de ce métier comme le dit Pavese de ce dur métier qu’est de vivre. Assister a un de ses spectacles c’est y participer, accepter d’être pris dans un maelström d’émotions, de sensations, essayer d’y mettre de l’ordre, tout en sachant que le drame est sous-jacent et que le pire peut advenir. Le théâtre est pour lui catharsis et ce n’est pas indifférent de savoir qu’il revisite sans cesse et sans relâche Sophocle et Shakespeare. » Laure Adler.

Le programme

L'enlèvement Au Sérail Dialogues De Wajdi Mouawad Juin 2016

Dossier de presse

L'enlèvement Au Sérail