Ce son « des hauts-plateaux » vient de la Sierra de Xichú, dans l’État du Guanajuato, au coeur du Mexique. Il donne une place importante à la poésie chantée, notamment la decima (poème en dizains), et notamment aux joutes vocales, accompagnées aux violons et aux guitares. Guillermo Velasquez est reconnu aujourd’hui comme le plus grand représentant de ce style dans tout le Mexique. Guillermo Velasquez y los Leones de la Sierra de Xichu Guillermo Velásquez : chant et guitare huapanguera
Musiciens, chanteurs et danseurs María Isabel Flores, Vincent Velásquez, Javier Rodríguez, Mario González, Joel Monroy
Le Mexique s’illustre par la diversité de ses langues et de ses expressions culturelles. Mais toutes partagent un principe commun, fondamental : la fête, dans son sens collectif et rituel. Qu’on l’appelle fandango, huapango, fiesta ou encore mayordomía, la fête est présente partout, à la campagne, dans les faubourgs des grandes villes et jusque dans les communautés d’expatriés, et la musique y occupe une place centrale car elle lui est consubstantielle. Il en était ainsi à l’époque préhispanique et cela a continué pendant la colonisation et jusqu’à aujourd’hui.
Les musiques traditionnelles du Mexique sont généralement désignées par le terme “son” auquel est adjoint un qualificatif qui en précise l’origine géographique, linguistique ou culturelle.
Au XVIIe siècle, la musique baroque espagnole était appelée son barroco et c’est sans doute de là que vient ce terme. Mais au Mexique, le son s’est enrichi de bien d’autres apports, notamment amérindiens et africains. Car si au début de la colonisation, la musique jouée d’une région à l’autre n’offrait guère de différences, le temps passant, les coutumes et les traditions propres à chacune imprimèrent leurs marques et donnèrent naissance à une variété de styles qui constituent aujourd’hui l’une des grandes richesses de la culture mexicaine.
Le son arribeño est originaire des hauts-plateaux de Queretaro et de San Luis de Potosi. Il nécessite au moins un violon et deux types de guitares : une vihuela et une guitarra quinta huapanguera. Celle-ci est l’instrument du trovador, le poète-chanteur capable d’improviser des décimas (dizains) sur différents thèmes, l’amour, la nature et surtout des chroniques et des satires sociales. Ces improvisations peuvent donner à lieu à des topadas, joutes poétiques et musicales où, pendant toute une nuit, deux trovadores et leurs musiciens respectifs s’affrontent en vers et en musique de part et d’autre du plateau de danse. Tenu en haleine, le public profite des intermèdes musicaux pour monter sur le plateau et danser. Le trovador Guillermo Velázquez et ses Leones de la Sierra de Xichú sont les plus fameux détenteurs de cette tradition vivante. Leopoldo Novoa
Spectacle produit par la Maison des Cultures du Monde, dans le cadre du Festival de l'Imaginaire 2011 - Paris